Art-thérapie : diplôme RNCP ou simples “certifications” ?

L'art-thérapie : diplôme RNCP ou simples “certifications” ?

Comprendre les différences… et les risques de ces pseudos statuts

Depuis plusieurs années, le champ du bien-être et de l’accompagnement connaît un essor considérable. L’art-thérapie, en particulier, attire de plus en plus de personnes en reconversion professionnelle ou en quête de sens.
Mais cette popularité a aussi un revers : une confusion croissante entre diplômes reconnus et formations non réglementées, souvent présentées sous des appellations séduisantes comme “certification”, “praticien en …” ou “coach spécialisé”.

Dans cet article, je souhaite clarifier les différences fondamentales entre un diplôme RNCP d’art-thérapeute et ces statuts « alternatifs », tout en mettant en lumière les risques réels que ces dérives font peser sur les bénéficiaires… et sur la profession elle-même. Oui, un pseudo diplôme fait plus de tord à notre profession et nous décrédibilise même parfois. (Je suis colère, c’est LE sujet qui me met en rogne).

Qu’est-ce qu’un diplôme RNCP d’art-thérapeute ?

Le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) est un registre officiel de l’État français. Un diplôme qui y est inscrit répond à des critères stricts :

  • un référentiel de compétences précis,
  • des objectifs professionnels clairement définis,
  • une évaluation rigoureuse,
  • une adéquation avec les réalités du terrain,
  • et une reconnaissance institutionnelle.

Il ne s’agit pas seulement de “savoir utiliser des médiations artistiques”, mais bien de savoir accompagner des personnes en souffrance psychique dans un cadre sécurisé, bordé par l’éthique et la déontologie. 

“Certifications”, “praticiens en …” : de quoi parle-t-on vraiment ?

Contrairement à ce que leur nom peut laisser croire, de nombreuses “certifications” privées n’ont aucune reconnaissance officielle.
Elles peuvent être délivrées :

  • par des organismes privés,
  • après quelques jours ou semaines de formation,
  • sans contrôle externe,
  • sans cadre éthique clair,
  • et sans exigence de supervision ou de pratique encadrée.

Le terme “praticien en …” (praticien en art-thérapie, en soins énergétiques, en accompagnement émotionnel, etc.) n’est pas un titre réglementé.
Il peut être utilisé librement, sans garantie de niveau de formation, ni de compétence clinique réelle. En gros, ta voisine Michelle, qui s’ennuit le dimanche, peut faire la formation en 3h depuis chez elle et hop elle est « praticienne en Art-thérapie ». Pendant que moi, j’ai fait plus de 150h de stage (dans 3 structures différentes), plus de 650h de formation et un mémoire plus lourd que mon humour. (et je ne parle de mon suivis psy et la supervision là).

Résultat : tout le monde peut se proclamer “praticien”, y compris sans connaissances en santé mentale, sans compréhension des troubles psychiques, et sans conscience des risques encourus.

Une confusion dangereuse pour le public

La principale victime de cette situation est la personne accompagnée.

Pour le grand public, il est extrêmement difficile de distinguer :

  • un art-thérapeute diplômé RNCP,
  • d’un “praticien certifié” après une formation express.

Cette confusion peut entraîner :

  • des prises en charge inadaptées,
  • des réactivations traumatiques non contenues,
  • un retard d’orientation vers des soins appropriés,
  • voire des dérives sectaires ou d’emprise psychologique dans les cas les plus graves.

Lorsqu’on travaille avec l’humain, et a fortiori avec la souffrance psychique, l’improvisation n’a pas sa place.

Une menace pour la crédibilité de l’art-thérapie

Ces pseudos statuts ne nuisent pas seulement aux personnes accompagnées :
ils fragilisent aussi la crédibilité de l’art-thérapie en tant que discipline sérieuse.

Quand des pratiques mal encadrées causent des dommages, c’est toute la profession qui est discréditée :

  • auprès des institutions,
  • des structures médico-sociales,
  • des équipes pluridisciplinaires,
  • et des partenaires de santé.

À l’inverse, les art-thérapeutes titulaires d’un diplôme RNCP, formés dans des écoles reconnues comme Profac (au moment de ma formation en 2022, Profac avait encore la reconnaissance RNCP, mais cela est réévalué régulièrement, c’est très bien comme ça!!), œuvrent chaque jour pour une pratique éthique, responsable et respectueuse des personnes.

Choisir la responsabilité et l’éthique

Être art-thérapeute, ce n’est pas seulement exercer une activité créative ou relationnelle.
C’est assumer une responsabilité humaine, psychique et sociale.

Opter pour un diplôme RNCP, c’est :

  • choisir la rigueur plutôt que la facilité,
  • la protection des personnes accompagnées,
  • la reconnaissance professionnelle,
  • et une inscription claire dans un cadre légal et éthique.

Dans un contexte où les intitulés flous se multiplient, il est essentiel de réaffirmer la valeur des diplômes reconnus, et de rappeler que tout accompagnement de la souffrance psychique exige une formation sérieuse.

En conclusion

L’art-thérapie mérite mieux que des raccourcis marketing et des titres creux.
Elle mérite des professionnels formés, responsables et reconnus.

Le diplôme RNCP d’art-thérapeute n’est pas un détail administratif :
c’est une garantie de compétence, d’éthique et de sécurité.

 

Les perles que je vous partage :

  • les personnes qui me contactent car elles sont en reconversion suite (et encore dedans) « un burn out », « une dépression », etc. S’il vous plait, prenez le temps de prendre soin de vous avant de vouloir accompagner d’autres personnes en souffrance. 
  • celles qui n’aiment pas peindre, dessiner, coller, etc, et qui veulent être art-thérapeute
  • celles qui s’en fichent de n’avoir qu’un bagage de quelques heures pour accompagner des personnes en souffrance
  • ….

Sincèrement des fois j’ai peur et je me sens démoralisée par l’affluence d’autant de personnes dîtes « art-thérapeute » sur le marché, alors que seulement la moitié voir même ont fait des études sérieuses pour en arriver là.

Je suis en colère, car je sais que cela me ferme des portes : des structures n’osent pas employer des art-thérapeutes de peur de tomber sur des gens non-diplômés.

Je suis agacée par le nombre de demandes que je reçois chaque semaine de personnes qui entrent en formation « alternative » et qui me sollicite pour de l’aide dans le montage de leur entreprise.

J’ai peur de me faire voler du contenu sur mon blog, sur Insta, par des personnes peu scrupuleuses, alors que je passe des heures à travailler.

Je rêve que l’art-thérapie soit enfin encadré come dans les pays voisins…

 

 

Deborah Bride

Médiatrice artistique et Art-thérapeute, avec une vraie formation RNCP, des heures de travail, de remise en question, de soucis de bien faire son travail. 

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