Je n’aime pas le mot transformation dans le cadre de l’art-thérapie.
Il sonne comme une rupture brutale, un avant et un après tranché, presque violent. Comme s’il fallait abandonner une version de soi, la laisser derrière, parfois même la renier, pour devenir quelqu’un d’autre. La transformation évoque la métamorphose radicale, le choc, le changement imposé. Elle suggère que ce que nous étions n’était pas suffisant.
Dans l’imaginaire collectif, “se transformer”, c’est souvent tout casser pour reconstruire. Changer de peau. De vie. De personnalité. Comme si la seule manière d’avancer consistait à effacer ce qui existe déjà.
À l’inverse, je préfère le mot évolution.
L’évolution n’efface pas. Elle prolonge. Elle respecte ce qui existe déjà. Elle part du principe que nous sommes en mouvement permanent, que nous grandissons par couches successives, sans avoir besoin de nous détruire pour avancer. Évoluer, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre : c’est devenir davantage soi.
L’évolution est organique. Elle se fait parfois lentement, parfois par bonds, mais toujours avec une logique interne. Comme un arbre qui ne “se transforme” pas en arbre : il pousse, il s’étend, il s’enracine plus profondément tout en cherchant la lumière. Chaque étape contient la précédente. Rien n’est perdu.
Parler d’évolution, c’est aussi reconnaître la valeur du chemin parcouru. C’est honorer nos expériences, même celles qui ont été maladroites, douloureuses ou incomplètes. Elles ne sont pas des erreurs à effacer, mais des fondations. Là où la transformation peut donner l’impression qu’il faut repartir de zéro, l’évolution affirme que tout ce que nous avons été participe à ce que nous devenons.
Dans le développement personnel, dans les parcours professionnels, dans la vie tout court, on nous vend souvent la “transformation” comme une promesse spectaculaire :
Change ta vie.
Deviens une nouvelle personne.
Réinvente-toi.
Ces messages peuvent être stimulants. Ils donnent l’élan. Ils réveillent. Mais ils peuvent aussi être épuisants. Ils installent l’idée qu’il faudrait constamment se réécrire, se corriger, se remplacer. Comme si nous n’étions jamais assez “bien” dans notre forme actuelle. Comme si la version présente de nous-mêmes était toujours un brouillon à jeter.
L’évolution, elle, apaise.
Elle autorise les détours, les lenteurs, les contradictions.
Elle accepte que l’on change sans se trahir.
Elle permet de grandir sans se renier.
Évoluer, c’est admettre que l’on peut vouloir autre chose sans mépriser ce que l’on est aujourd’hui. C’est comprendre que le changement n’est pas forcément une rupture, mais souvent une continuité subtile. Une mue intérieure qui ne fait pas table rase, mais qui affine, ajuste, approfondit.
Je ne veux pas devenir “une autre personne”.
Je veux être une version plus juste, plus consciente, plus alignée de moi-même.
Je ne veux pas me transformer.
Je veux évoluer.
Continuer à avancer en restant fidèle à ce que je suis, tout en laissant de la place à ce que je peux devenir.
Je suis Deborah Bride
Art-thérapeute dans le Finistère Sud à Pont-L’Abbée.
J’accompagne les enfants, les adolescents et les adultes.

