
L'art immersif
Sujet de mémoire de ma formation en art-thérapie, l’art immersif me passionne et me fait ressentir énormément d’émotions à chaque fois.
C’est mon expérience récente au Puy du Fou qui m’a donné envie d’écrire encore sur ce sujet et de raconter ma façon de voir cet art qui gagne du terrain (et nos coeurs).
Mais d’abord, un bref rappel de ce que j’appelle ART-IMMERSIF :
c’est une plongée multisensorielle (son, image, odeurs, scénographie, mouvement) qui fait appel au corps et aux émotions.
On peut en faire l’expérience de plus en plus régulièrement dans les musées, les parcs d’attractions, lors d’événements, etc.
Pour ma part, mes plus beaux souvenirs sont :
- Le Petit Prince « L’Odyssée immersive » à Lyon en 2021
- L’exposition Van Gogh à Londres en 2023
- Le musée Yves Rocher en 2025
- Le Puy du Fou en 2025
Mais je m'interroge ..
Je m’interroge sur le fait de photographier ces expériences.
Je m’explique.
Je suis moi même très souvent, téléphone à la main, à photographier tout ce que je vois, pour ne pas oublier.
Mais !
Est-ce que je ne me coupe pas justement, de l’occasion d’expérimenter pleinement cette expérience immersive ?
Je pourrais répondre « oui » et terminer mon article sur ça ! Mais je vais aller plus loin dans la réflexion, car je suis certaine que ça vous fera écho 🙂
On a se réflexe devenu automatique, de dégainer notre téléphone à la première coccinelle qui vient se poser sur notre feuille de salade, au 150 tableaux vus dans une exposition pendant nos vacances …
On est dans un « doux »-ble paradoxe :
- On veut conserver une trace de ce qui nous plait : on a peur d’oublier.
- On veut aussi pouvoir partager aux autres notre expérience (pour différentes raisons propres à chacun).
Avec une photo, on peut se dire qu’on garde une trace de notre expérience pour s’en souvenir longtemps (si on prend le temps de regarder les 1500 photos faites pendant le voyage à Londres en 2016 ( par exemple).
Sauf que … on se coupe forcément de notre rapport direct à l’œuvre ou à l’installation immersive.
Le risque : être spectateur de son écran plutôt que de l’expérience directe.
La psychologie de l’attention : quand on photographie, on se met légèrement à distance, on observe “pour plus tard” au lieu d’habiter l’instant.
Mais à l’inverse, la photo peut aussi être un rituel de présence (je prends une photo puis je lâche l’écran pour plonger pleinement) (voir mes idées d’adaptation plus bas)
Instagram VS la vraie vie
Que venons-nous chercher lors de cette expérience immersive ?
Oui, parce que justement, je m’interroge et je remarque que de nombreux lieux immersifs sont désormais conçus pour être photographiés : décors “instagrammables”, lumières calibrées pour le rendu visuel, etc.
Le public devient acteur-metteur en scène de son image dans l’œuvre.
Quelle place laisse-t-on à l’expérience intime qui ne sera jamais partagée ?
L’art immersif peut être une réponse au besoin de vivre dans le réel, avec le corps, d’entrer dans l’œuvre.
Mais il est aussi récupéré par la logique de consommation : produire du contenu à partager.
Mon avis, mon expérience
Pour ma part, j’ai décidé de garder le moins de traces possibles (vidéos et photos), pour faire confiance à ma mémoire et à ce qu’elle a eu envie de mémoriser.
Cela me permet d’être vraiment dans l’instant et le fait d’être autoentrepreneur, je trouve que je suis trop souvent dans la projection et pas assez dans l’instant T.
Mes idées pour adapter :
Je m’autorise 1 ou 2 photos d’ambiance, pour, en un instant pouvoir me replonger dans ce que j’ai vécu là-bas. Mais je ne filme pas tout et je ne photographie pas tout en marchant super vite pour avoir terminé l’expo aussi vite que je l’ai commencé.
Des fois je m’assoie longtemps à un endroit et je laisse les couleurs et jeux de lumières venir sur moi pour me sentir totalement intégrée à l’œuvre immersive.
Je prends le temps de regarder les détails, les musiques choisies, etc.
Pour terminer, on pourrait s’interroger :
“L’art immersif est-il fait pour être vécu… ou pour être montré ? Et comment réapprendre à habiter l’instant, même dans une société où tout doit se capturer ?”
Vivre l’instant c’est fort
Savoir capturer en une seule photo de quoi le souvenir de l’instant.
Mais aussi beau que soit le souvenir, l’instant ne vit que dans l’instant…
Les deux ont leur place, tant qu’ils restent à leur place… je pense